Carte d'identité
Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Code postal 04700
Gentilé Oraisonnais
Habitants 6 155 (2023)
Densité 160 hab./km2
Altitude minimum 323 m
Altitude maximum 645 m
Superficie 38,42 km2
Présentation générale
Géographie
Oraison (Auresoun en provençal dans la norme mistralienne et Aureson dans la norme classique) se situe au pied de la colline du Tholonet, au confluent de la Durance et de l’Asse, sur l’ancienne RN207a (actuelle RD4b). Oraison est à un kilomètre de la bretelle autoroutière de La Brillanne, sortie 19 de l’autoroute A51, qui assure une communication rapide vers le Sud en direction d’Aix-en-Provence et de Marseille et vers le Nord en direction de Gap et de Sisteron. La commune compte 853 ha de bois et forêts, soit 22% de sa superficie.
Au 1er janvier 2024, Oraison est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l’Insee en 2022. Elle appartient à l’unité urbaine d’Oraison, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre. Par ailleurs la commune fait partie de l’aire d’attraction de Manosque, dont elle est une commune de la couronne. Oraison est membre de la Communauté d’Agglomération Durance Luberon Verdon qui regroupe 25 communes et près de 64 000 habitants autour de Manosque.
Histoire
Le village primitif était situé sur la colline du Tholonet (au lieu-dit Villevieille). Des traces de l’occupation romaine existent en de nombreux points de la commune : dans la plaine de la Durance dont les colmatages avaient été réalisés à l’époque romaine à des fins agricoles et artisanales (four de potier, villa, tuilerie). Parmi les découvertes archéologiques, le site des Buissonnades (atelier de potier de fabrication d’amphores vinaires) permet d’établir que la zone d’Oraison était, grâce à la proximité de la voie domitienne, fortement intégrée à l’Empire romain et fortement pénétrée de ses modes de vie.
Il est possible, selon Jean-Pierre Poly, qu’Oraison soit signalée dès 739 dans les chartes, sous le nom de Cinicino, la mention suivante date du XIIe siècle. Dès le Moyen Âge, la communauté relève de la baillie de Digne alors que l’église et ses revenus reviennent au chapitre de Riez. La maison d’Oraison est l’une des plus anciennes familles provençales. Hugues d’Oraison, seigneur d’Oraison et de Clumanc, est le premier seigneur de ce village. Elzear d’Oraison, viguier de Marseille (1365-66), fut chevalier, seigneur d’Oraison et citoyen de Digne. Il fut actif dans la résistance aux troupes de l’Archiprêtre puisque, en 1358, il apparait comme commissaire aux fortifications de la ville de Riez. Avant 1362, il acheta à la cour la mère empire sur Oraison pour 500 florins. Le chevalier Jacques d’Oraison Orcono, viguier de Marseille (1299-1366), servit dans l’armée du duc de Calabre en Campanie, en 1328. La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d’Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d’Anjou. Le seigneur d’Oraison, Elzéar d’Oraison, soutient le duc d’Anjou dès 1382, ce soutien étant conditionné à la participation du duc à l’expédition de secours à la reine.
La baronnie est érigée en marquisat en 1588 en faveur de François de Laigue (de Aqua), baron d’Oraison. Le titre est confirmé en août 1740, avec union d’Entrevennes et du Castellet, en faveur de Mathieu Foulque (ou Fulque). Au cours du XVIIIe siècle, comme dans toute la France, les seigneurs tentent de réactiver d’anciens droits pour augmenter leurs revenus, ou de revenir sur les droits des paysans. C’est ainsi qu’en 1770, le marquis d’Oraison interdit le glanage. En réaction, la communauté d’Oraison décrète l’interdiction de moissonner les terres du seigneur, et punit d’amende les contrevenants, ce qui pousse le seigneur à négocier.
Durant la Révolution, une société patriotique est fondée assez précocement, à l’été 1792 et le château démoli. En 1792-1793, la section est contrôlée par les fédéralistes. En relations avec la section de Marseille, elle diffuse les idées des Girondins, jusqu’à leur proscription le 31 mai 1793 et l’écrasement de l’insurrection fédéraliste en juillet. Le tribunal révolutionnaire prononce une condamnation à mort à Oraison.
Après la révolution de février 1848, la Deuxième République s’installe. Mais contrairement aux promesses démocratiques, c’est une république conservatrice qui s’installe et augmente les impôts des plus pauvres, comme l’impôt des 45 centimes. Cette augmentation provoque des émeutes à Oraison les 23-26 octobre 1848, réprimées par l’armée. Le coup d’État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 42 habitants d’Oraison sont traduits devant la commission mixte, la majorité étant condamnés à la déportation en Algérie. Comme de nombreuses communes du département, Oraison se dote d’une école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle en possède déjà une qui dispense une instruction primaire aux garçons, au chef-lieu. La même instruction est donnée aux filles : la loi Falloux (1851) impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants. Elle compte aussi une salle d’asile (école maternelle) depuis 1862, tenue par les sœurs de l’ordre de Saint-Joseph.
Oraison compte quelque 1 700 habitants au début des années 1900. Lors de la Première Guerre mondiale, 63 soldats de la commune meurent aux combats. Le 4 février 1921, le conseil municipal d’Oraison décide de donner aux rues du village les noms des soldats morts pendant la Grande Guerre. La commune est la seule en France à avoir voté une telle délibération. Le soldat cité sur une plaque de rue habitait dans cette même rue.
À l’été 1940, un centre de séjour surveillé est ouvert à Oraison pour y interner les Français communistes ou d’opinions politiques assimilées, dits « indésirables » selon la terminologie de la Troisième République. Les internés sont hébergés dans des bâtiments réquisitionnés, granges, cinéma, etc. Le centre est fermé en février 1941 et ses prisonniers transférés au camp des Pescayres de Saint-Sulpice-la-Pointe. Le maire, opposé à ce camp d’internement d’indésirables, s’oppose vigoureusement mais verbalement au commandant du camp, ce qui provoque sa révocation. Le 19 juillet 1944, le comité départemental de libération se réunit, comme à son habitude, dans un bar d’Oraison. La Gestapo a tendu une embuscade, à laquelle participent des soldats de la division Brandenburg (dépendant de l’Abwehr) déguisés en maquisards. Dix-huit résistants sont arrêtés, dont la totalité des cadres dirigeants et deux jeunes filles agents de liaison. Onze sont fusillés le 21 juillet. La Libération d’Oraison est marquée par le passage d’une colonne de la 36e division d’infanterie (US), le 19 août 1944, venant de Riez et se dirigeant sur la vallée de la Durance.
La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue, en 1984 et 1987.
Patrimoine
Le château situé en plein centre-ville fut construit à la fin du Moyen Âge ou pendant la Renaissance par la famille d’Oraison. Il fut profondément remanié par la famille de Fulque, originaire de Valensole, qui fit l’acquisition du marquisat d’Oraison en 1720. Ce château, conservé par cette même famille de Fulque jusqu’à la Révolution de 1789 et après, fut vendu en 1806 à trois particuliers du lieu. On le suréleva par la suite d’un étage pour y loger une magnanerie (Laugier). Louis Pasteur vint y étudier en 1868 les maladies du magnan (nom du ver à soie en sériciculture). Dans les années 1950, cette magnanerie alors désaffectée, abrita un temps l’atelier de production des cartes postales d’Oraison, déplacé par la suite à l’emplacement de l’actuelle gendarmerie.
L’église Notre-Dame-du-Thor, dont le patron est saint Pancrace, fut construite au XVIe siècle puis agrandie au XVIIe siècle : elle est d’architecture gothique (croisée d’ogive, arcs brisés, tiercerons…) sur la partie est (chœur) et romane (arcs plein cintre) sur la partie ouest. Son clocher qualifié de « point noir » de la commune au milieu du XIXe siècle fut détruit puis reconstruit en 1862 grâce au curé Richaud qui finança l’essentiel du projet. La commune se chargea de faire réaliser la flèche en pierre de Mane. La cloche du XVIIe siècle provient du village d’Ubaye englouti sous les eaux en 1958, elle a été installée en 1962.
Le petit pont de pierre en dos-d’âne dit « roman » (car il est construit selon les techniques médiévales) sur le Rancure date de 1697 et fait 35 m de long, avec une arche de 25 m. Il a été construit pour conduire les eaux de la source de la Boucharde jusqu’aux fontaines du village. Le pont sur la Durance à 7 arches entre La Brillanne et Oraison, long de 285 mètres, est inauguré le 2 avril 1888. L’hippodrome, le premier hippodrome des Basses-Alpes date du 25 novembre 1900. Quelques courses hippiques y ont lieu chaque année.
Numéros utiles
Mairie
04 92 70 77 77
Médiathèque Romain Selsis
04 92 78 70 82
Ecole de Musique, Dance et Art Dramatique Edouard Chappe
Espace Culturel Paul Réty
04 92 79 82 91
Oraison Accueil
04 92 78 60 51
Piscine Municipale
06 12 77 66 99
Agglomération Durance Luberon Verdon (Manosque)
04 92 70 34 00
Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence (Digne-les-Bains)
04 92 36 72 00
Conseil Général des-Alpes-de Haute-Provence (Digne-les-Bains)
04 92 30 04 00
Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Marseille)
04 91 57 50 57
Bureau d’Information Touristique d’Oraison
04 92 78 60 80
Office de Tourisme du Pays de Manosque
04 92 72 16 00
