Carte d'identité
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Ain
Code postal 01990
Gentilé Utingeois
Habitants 1 963 (2023)
Densité 47 hab./km2
Altitude minimum 230 m
Altitude maximum 289 m
Superficie 41,99 km2
Présentation générale
Géographie
Saint-Trivier-sur-Moignans est située dans la région naturelle de la Dombes, au sud ouest de Châtillon-sur-Chalaronne, à une trentaine de kilomètres au sud ouest de Bourg-en-Bresse préfecture de l’Ain) et une trentaine de kilomètres au sud de Mâcon (préfecture de la Saône-et-Loire). Le Moignans, rivière affluent de la Chalaronne, a accolé son nom à celui du saint patron de la commune.
Saint-Trivier-sur-Moignans est la commune la plus étendue de la Communauté de communes de la Dombes qui regroupe 36 communes et plus de 40 000 habitants autour de Châtillon-sur-Chalaronne. Son territoire comprend 4 200 hectares de campagne au relief très peu contrasté, si ce n’est les quelques dénivellations dues aux moraines glaciaires, avec quelques zones boisées qui subsistent entre la ville et le hameau de Romanans et sur la périphérie.
Au 1er janvier 2025, Saint-Trivier-sur-Moignans est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l’Insee en 2022. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l’aire d’attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronne.
Histoire
D’après la légende, vers l’an 538, Theodebert, petit-fils de Clovis et roi d’Austrasie (royaume oriental de la Gaule Franque), revenait dans sa capitale de Metz, après avoir chassé les Ostrogoths de Provence et guerroyé en Italie. Parmi les prisonniers, il ramenait deux jeunes seigneurs Radignesel et Salsufur, originaires d’un village, Utinge du pays de Dombes, où coule un ruisseau appelé Moignans. Conduits en Flandre, les deux captifs furent rachetés par l’Abbé du monastère de Wiserne, près de Thérouanne (aujourd’hui dans le Pas-de-Calais). Cet Abbé chargea l’un de ses moines de reconduire les deux jeunes gens dans leur pays et de négocier leur liberté. Ce moine, nommé Trivier, était né dans le territoire des Cadurces, aujourd’hui le Quercy.
Après s’être acquitté de sa mission, Trivier se fixa dans le village. Il ne demanda qu’une petite cellule d’ermite et un jardin, avec la garde des troupeaux de ses maîtres. Il mourut en odeur de sainteté le 16 janvier 550. Des miracles se produisirent sur son tombeau, attirant du peuple et favorisant la formation d’un bourg, qui devait prendre plus tard, le nom de Saint Trivier Sur Moignans. Les habitants élevèrent sur sa tombe, un petit édifice de bois qu’une Dame appelée Epiphanie ou Emenone, remplaça une cinquantaine d’années plus tard, par une chapelle en pierre consacrée en 602, par Secondin, archevêque de Lyon. Cette chapelle existait encore, en dehors des murs de la ville, au XVIIème siècle.
Vers 1050, Eustache, comte de Forez, inféode Saint-Trivier à Guichard II de Beaujeu. Saint-Trivier constitue au XIIe siècle un fief symbolique des sires de Beaujeu qui s’orientent davantage dans leurs projets d’expansion vers le Forez (l’actuel département de la Loire). Il faut attendre le traité de paix du 8 avril 1222 entre Humbert V de Beaujeu et Guy II ou Guigues II, comte de Forez, pour que la politique des sires de Beaujeu s’oriente vers l’est et donc au-delà de la Saône.
La seigneurie de Saint-Trivier, officiellement bien vassal des Forez, reste fidèle dans les faits à Humbert V de Beaujeu. Saint-Trivier prend alors un intérêt nouveau pour les barons du Beaujolais qui s’appuient sur cette assise territoriale pour s’emparer ou acquérir par achat ou paréage un chapelet de localités en Dombes : Villars-les-Dombes (1227), Chaneins (1234), Riotiers ou Riottier (1234), etc. Vers 1260, Guichard V, baron de Beaujeu, demande à son vassal, Gui de Chabeu, seigneur de Saint-Trivier, de bâtir un château sur un promontoire de la rive gauche de la Saône. Ce château, finalement bâti vers 1290, donnera son nom à la commune de Beauregard.
La fidélité de la maison de Saint-Trivier aux barons de Beaujeu est ainsi une constante du Moyen Âge : pour preuve, le traité d’alliance avec les Saint-Trivier est renouvelé au début du règne d’Antoine de Beaujeu, le 29 juillet 1361, lorsque celui-ci est sous la curatelle de son oncle Guillaume d’Amplepuis. Le 2 janvier 1370, Jean de Saint-Trivier se rend à Thoissey pour prêter hommage à Antoine de Beaujeu. On le voit, cette alliance, qui est en fait un lien de vassalité, est une constante de plus d’un siècle. Elle permet aux Beaujeu de contenir les ambitions des seigneurs de Thoire et Villars, plus au sud, installés à Trévoux, et surtout celle grandissante des comtes de Savoie au XIVe siècle. Elle permet aux seigneurs de Saint-Trivier de se présenter comme un rouage stratégique important dans la Dombes.
Pourtant, tout est remis en cause lors de la guerre seigneuriale qui voit s’affronter Édouard II de Beaujeu et le comte Amédée de Savoie entre 1378 et 1383. La défaite du baron de Beaujeu pousse Hugue de Saint-Trivier, « en tant que seigneur des Dombes, ainsi qu’il s’intitule lui-même fièrement dans l’acte d’hommage » à rendre l’hommage au comte de Savoie. Le traité de paix définitif entre les deux parties, signé le 31 mai 1383, rétablit l’influence d’Édouard I de Beaujeu en Dombes mais en second rang. Si les seigneurs de Saint-Trivier doivent toujours l’hommage aux Beaujeu, ils sont désormais tenus par l’hommage lige aux comtes de Savoie. C’est ainsi que, progressivement, Saint-Trivier et une partie de la Dombes entrent dans l’influence de la Savoie tout en conservant des liens avec le Beaujolais. Le 23 juin 1400, Édouard II, sire de Beaujeu, donne la seigneurie à Louis II, duc de Bourbon.
Dans la première moitié du XVIe siècle, c’est Jean de Lugny, chevalier, « dernier héritier mâle de la maison de Lugny », seigneur de Lugny – et par ailleurs comte de Brancion, baron de Branges, de Blaignac, de Lessard et de Sagy –, qui est seigneur baron de Saint-Trivier. Saint-Trivier-en-Dombes fut une des châtellenies de la principauté de Dombes. En 1777, c’est Jean-Antoine Chabalier, propriétaire de Saint-Olive et aïeul d’Antonin Poncet, qui en est receveur. Il sera nommé député de la châtellenie de Saint-Triviers la même année.
Patrimoine
Les remparts de Saint-Trivier-sur-Moignans sont un ensemble de fortifications inscrit au titre des monuments historiques en 2005. Situé à l’entrée sud du village et propriété de la commune depuis 2005, cet ensemble architectural de plusieurs bâtiments d’époques diverses des XVII au XIXème siècles est édifié en carrons savoyards (briques), sur les fortifications médiévales de Saint-Trivier sur Moignans des XIV et XVème siècles. Ce rempart fortifié permettait de défendre la ville en cas d’attaque. De plus la population pouvait s’y réfugier. Originellement, les remparts comportaient quatorze tours et étaient longés par un fossé en eau.
Sous le vocable de Saint Denis d’abord, puis de Saint Trivier et Saint Denis, et dans l’enceinte du château aujourd’hui disparu, l’église de Saint-Trivier-sur-Moignans passa, au début du XIIème siècle, des archevêques de Lyon aux abbés de la Chaise-Dieu, puis en 1602 aux Minimes de Lyon. Jeanne de Beaujeu, dame de Sandrans, y fonda vers 1400 une chapelle de la Sainte Vierge et de Saint Antoine. Les familles de la Teyssonnière et de Verfay y avaient leurs tombeaux. Deux pierres tombales, sans inscription, subsistent encore : l’une se remarque devant l’autel du sacré cœur, l’autre dans la nef. De plus, lors des travaux récemment effectués, des ossements datant peut-être du XVIIIème siècle, ont été découverts dans leurs modestes cercueils. Ils n’ont pas été déplacés.
Ce fut sans doute à l’origine l’église de style et de plan romans d’un très ancien prieuré auquel historiquement elle apparaît liée. Il y est fait mention au XVIIème siècle de deux autels et de deux chapelles, l’une de la Croix, l’autre de Saint Michel, le tout du « côté de vent » c’est-à-dire au midi ; il y avait déjà un autel de la Croix en 1395 sur le tombeau de Pierre Bagre, bourgeois de Châtillon. Au début du XVIIIème siècle, le nombre des chapelles est de quatre ; elles sont dites alors « aux ailes de la nef ».
Par décision des recteurs de la Charité (alors seigneurs de Saint Trivier), cet édifice fut reconstruit dans sa presque totalité par l’architecte d’origine italienne Caristia en 1799 avec les matériaux provenant de l’église Saint Michel d’Ainay de Lyon. Seule subsiste de l’époque romane l’abside dépourvue d’arcatures. Le clocher, démoli en 1794, fut d’abord reconstruit vers 1807 avec les pierres en bois provenant de l’église de Béreins, mais la flèche ne remonte qu’à l’année 1866. Parmi les 3 cloches actuelles électrifiées après 1945, l’une provient de l’église de Montagneux. Les quatre chapelles latérales actuelles furent terminées en 1839. Vers 1860, l’édifice fut agrandi d’une travée à l’Ouest et la façade ouest refaite.
L’église de Montagneux, sous le vocable de Saint Martin, est mentionnée dans les ouvrages dès 944 lorsqu’une dame Gisèle et son fils Hugues en font le don à l’abbaye de Cluny pour le repos de leur époux et père, Bermon, seigneur de Bouligneux. Ses murs ne peuvent remonter à une époque aussi lointaine. La nef fut reconstruite dans un style voisin de l’origine, vraisemblablement vers le XV ou XVI siècle. Des textes nous apprennent qu’en 1614, le sanctuaire et le clocher étaient ruinés, qu’il ne restait plus alors que la nef avec un seul autel. Le chœur et l’abside furent alors reconstruits peu après cette date dans le style roman primitif à peine modifié. Le clocher, démoli pendant la révolution, ne fut pas reconstruit. Une des trois cloches de l’église de Saint Trivier provient de la chapelle de Montagneux. Devenue ensuite simple chapelle de Montagneux, elle a été restaurée d’abord en 1841, puis en 1901.
L’hôtel de ville fut édifié en 1727 pour servir de logement aux recteurs de l’Hôpital de la Charité de Lyon et était appelé le « nouveau château ». Ce bâtiment fut acquis par la commune en 1860 pour y installer, l’école de garçons, la Justice de Paix et la Mairie. En 1889, la toiture remaniée fut enrichie d’un élégant clocheton et de deux horloges qui sont placées de chaque côté de l’édifice. Aujourd’hui, il accueille la Mairie au rez-de-chaussée, le syndicat des eaux potables Bresse Dombes Saône et l’agence postale à l’étage dans un intérieur entièrement rénové.
La maison à colombages que l’on peut trouver entre la rue de l’église et la rue des hêtres, est remarquable par son ancienneté (XVème siècle). Sur la partie inférieure en pierres et briques, s’élève l’étage en pans de bois (formant l’ossature), remplis de briques. Près de la Maison à Colombage, on remarque un des anciens puits de quartier qui alimentaient la ville en eau.Il est couvert d’un dôme construit en brique surmonté d’un ornement à boule de pierre et complété d’une pompe à levier.
Numéros utiles
Mairie
04 74 55 88 11
Bibliothèque Utinjoyeuse
06 09 94 41 16
Agence Postale Communale
04 74 50 71 39
France Services de la Dombes
06 15 89 10 95
Communauté de Communes de la Dombes (Châtillon-sur-Chalaronne)
04 28 36 12 12
Préfecture de l’Ain (Bourg-en-Bresse)
04 74 32 30 00
Conseil Général de l’Ain (Bourg-en-Bresse)
04 74 32 32 32
Conseil Régional d’Auvergne-Rhône-Alpes (Lyon)
04 26 73 40 00
Dombes Tourisme (Châtillon-sur-Chalaronne)
04 74 55 02 27
Aintourisme (Bourg-en-Bresse)
Agence de Développement Touristique du Département de l’Ain
04 74 32 31 30
