Carte d'identité

Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Code postal 04200

Gentilé Sisteronais
Habitants 7 850 (2023)
Densité 156 hab./km2

Altitude minimum 448 m
Altitude maximum 1 145 m
Superficie 50,25 km2

Présentation générale

Géographie

Sisteron (Sisteroun en provençal selon la norme mistralienne et Sisteron selon la norme classique) est située à 485 m d’altitude, sur les rives de la Durance, à 133 km de Marseille, à 145 km de Grenoble et à 180 km de Nice. La ville occupe une position privilégiée, proche du confluent du Buëch et de la Durance, à l’endroit où cette dernière franchit la cluse de la Baume, sur un site facile à fortifier. Le site de Sisteron est un site-pont, le seul où un pont sur la Durance a subsisté de façon durable de l’Antiquité au XIXe siècle.

La commune est dotée d’une gare ferroviaire desservie par les TER de la relation Marseille-Briançon, ainsi que d’une gare routière. Traversée par la départementale 4085 (route Napoléon), Sisteron est aussi desservie par l’A51 (tronçon Marseille-La Saulce), avec deux gares de péage (Sisteron-Nord et Sisteron-Sud). Un tunnel, ouvert à la circulation en 1957, a été percé sous la butte portant la citadelle. Tout en facilitant la traversée de cette ville de passage, il a permis de préserver tout son cachet ancien.

Au 1er janvier 2025, Sisteron est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l’Insee en 2022. Elle appartient à l’unité urbaine de Sisteron, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée. Par ailleurs la commune fait partie de l’aire d’attraction de Sisteron, dont elle est la commune-centre.

Surnommée « la Porte de la Provence », elle confine au Dauphiné. Elle possède de nombreux monuments dont sa citadelle, face au rocher de la Baume dont les strates sont presque verticales, une cathédrale du XIIe siècle, Notre-Dame des Pommiers, cinq tours, plusieurs chapelles et les vestiges d’anciens couvents. C’est une ville qui accueille de nombreux touristes attirés par son climat méditerranéen, avec une moyenne annuelle de 300 jours de soleil, son patrimoine riche et varié, son plan d’eau ou son aérodrome.

Histoire

Sur tout le territoire de la commune ont été faites de nombreuses découvertes archéologiques datant de la Préhistoire et de l’Antiquité. La ville, appartenant probablement au peuple gaulois des Sogiontiques (Sogiontii), cliente des Voconces, tire depuis toujours son importance de la traversée de la Durance : les Romains font passer la voie domitienne (Via Domitia) qui relie l’Italie à l’Espagne par le col du Montgenèvre à Sisteron. Cette étape (mansio à cette époque) est noté sur les gobelets de Vicarello Segusteronem (sur le premier). La ville est élevée au rang de civitas de la province des Alpes-Maritimes entre le IIe siècle et la fin du IVe siècle et devient siège du diocèse de Sisteron au Ve siècle (le premier évêque connu apparaît en 449).

Alors que le sud-est de la Gaule est une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire. Dès le XIe siècle, la ville est une place forte des comtes de Forcalquier. Devenue propriété des comtes de Provence, elle marque pour ces derniers la frontière du nord. Une charte communale consulaire, attribuée précédemment à une date inconnue à la communauté, est confirmée par les comtes en 1212. Celle-ci préserve de la domination seigneuriale, comporte des allègements fiscaux et établit un lien direct avec le comte en échange de fidélité et de missions particulières.

En 1219 a lieu le mariage de Raymond-Bérenger IV, comte de Provence sorti depuis trois ans de la semi-captivité où le tenait la maison d’Aragon. Il épouse Béatrice de Savoie, qui a alors 20 ans. À noter que le numéro de ce Raimond-Bérenger est en débat : III, IV ou V ? Toujours au XIIe siècle, c’est à Sisteron, au couvent des cordeliers, que Raimond-Bérenger V, comte de Provence, signe le testament par lequel il attribue le comté de Provence à l’une de ses quatre filles, Béatrice, future femme de Charles d’Anjou, frère de Saint Louis. De là datent les droits des rois de France sur la Provence. À la mort, en 1245, de Raymond-Bérenger V de Provence, les comtés de Provence et de Forcalquier passent à sa fille Béatrix qui les transmet par la suite à son fils qui fonde la première maison capétienne d’Anjou. Cette dynastie accumula rapidement les titres royaux (Naples-Sicile, Jérusalem, Chypre, Acre, Thessalonique, Hongrie, Bosnie). Elle reste cependant un lieu de passage important sur la Durance : c’est ainsi à Sisteron que l’on signale les premiers Roms en France, en 1425. La ville est le siège d’une baillie (sénéchaussée) dès le XIVe siècle, érigée en viguerie précocement en 1480. Léguée à Louis XI, la Provence rejoint le royaume de France.

De 1562 à 1594 les guerres de Religion voient les protestants et les catholiques se disputer la ville et sa forteresse qui contrôlent le seul pont sur la Durance. En février 1562, la moitié des protestants de Forcalquier se réfugie à Sisteron. Après les premiers incidents qui voient les protestants saccager la cathédrale, briser son clocher et ses orgues, ainsi que les couvents des cordeliers et des dominicains, la ville est assiégée par les catholiques de Sommerive, lieutenant général du roi, en juin 1562. Elle est défendue par son père le comte de Tende, Paulon de Mauvans, Furmeyer et 5 000 hommes. Les chefs protestants s’enfuient de nuit, et la ville est prise le 6 septembre : la garnison est massacrée et les protestants expulsés : ils se réfugient à Lyon. Après l’édit de pacification d’Amboise (mars 1563), ils sont reconduits sous escorte armée par le comte de Tende, gouverneur de Provence, et Paulon de Mauvans, capitaine protestant.

En 1567, la ville est à nouveau assiégée et prise, par les protestants. Les catholiques Carcès et Sommerive échouent à la reprendre, mais les protestants leur restituent cependant. De la même façon, au printemps 1585, les ligueurs tentent un coup de main contre la ville, sans succès. C’est alors que Jehan Sarrazin est chargé de renforcer la place, et fait construire la citadelle actuelle de 1589 à 1612. L’épidémie de peste de 1628-1630 touche Sisteron, apportée soit par un muletier transportant du chanvre, soit par le régiment de Picardie. La fosse contenant des corps passés à la chaux découverte en 1938 au pont du Gournias doit dater de cette épidémie.

Sur l’ordre de Richelieu, le prince Jean Casimir de Pologne est accusé de complot contre la France et est enfermé en 1638 dans le donjon de la citadelle : c’est le début de la carrière de prison politique de la citadelle. En 1720, pour empêcher l’extension de la peste de Marseille, un cordon sanitaire est établi sur le Jabron. Des barrières gardées par des soldats du régiment de Poitou sont placées sur les ponts du Jabron et du Gournias. Un corps de garde destiné au logement des soldats a été construit à proximité de Notre-Dame du Signavous. La ville est le siège d’une viguerie jusqu’à la Révolution.

Alors que des émeutes avaient éclaté en mars 1789 à Sisteron, la nouvelle de la prise de la Bastille est accueillie favorablement. La Grande Peur, venant de Tallard et appartenant au courant de la « peur du Mâconnais », atteint Sisteron et sa région le 30 juillet 1789 avant de se propager vers Digne. La ville, dotée d’une garnison, joue un rôle clé dans la solidarité qui s’organise alors : les communautés villageoises voisines se réfugient avec meubles et bétail dans la place forte ; l’arsenal est mis à contribution pour armer les hommes et former une milice bourgeoise, bientôt renommée garde nationale. Elle fournit aussi des munitions à Manosque qui lui en fait la demande.

Dès le 2 août, l’affolement retombe, les faits-divers à l’origine des rumeurs étant éclaircis. Mais un changement important a eu lieu : les communautés se sont armées, organisées pour se défendre et défendre leurs voisins. Un sentiment de solidarité est né à l’intérieur des communautés et entre communautés voisines, et les consuls décident de maintenir les gardes nationales. Aussitôt la peur retombée, les autorités recommandent toutefois de désarmer les ouvriers et les paysans sans terre, pour ne conserver que les propriétaires dans les gardes nationales.

L’évêché est supprimé en 1790. La création d’une société patriotique connaît de multiples rebondissements. Des émeutes sont provoquées par les royalistes le 17 mai 1792. Cependant, une part importante de la population soutient la Révolution : il y avait 137 adhérents à la société révolutionnaire en 1793. Un cercle d’opposition, Deus providebit, se crée. Environ 40% de la population masculine fréquente la société populaire. De 1790 à 1800, la ville est le siège du district de Sisteron.

Comme de nombreuses communes du département, Sisteron se dote d’école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle en possède une seule, installée au chef-lieu. Comme la loi Falloux (1851) l’y oblige, une école de filles est aussi ouverte. La commune profite des subventions de la deuxième loi Duruy (1877) pour construire une école neuve. Sisteron comptait également une salle d’asile (école maternelle). En 1884, la commune est touchée par une épidémie de choléra : elle cause 18 morts du 23 août au 5 septembre. La citadelle est déclassée en 1889 et devient propriété de la commune.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, la Troisième République recherche des lieux d’internement pour les « indésirables ». La municipalité de Sisteron propose la citadelle, où sont internés des prisonniers politiques (communistes, anarchistes), que le régime de Vichy maintient enfermés pour la durée de la guerre.

Le 15 août 1944, premier jour du débarquement de Provence, les B-26 Marauder français et des « forteresses volantes » américaines du 42nd Bombardment Wing tentent de couper le pont ferroviaire et les ponts routiers qui enjambent le Buëch et la Durance. La météo n’est pas très favorable. Les accès sont atteints, mais les ponts ne sont pas détruits. Le wing de l’USAAF, forcé à une manœuvre d’évitement après son premier passage, se libère des bombes non larguées et plusieurs tombent sur la ville. Le 17 août, une formation de B-26 français revient sur les lieux et réussit cette fois à endommager le pont routier et surtout, à détruire le pont ferroviaire au nord de la ville. Résultat de ces bombardements alliés, une grande partie de la ville fut détruite et la citadelle gravement endommagée. La ville est libérée deux jours plus tard par la Task force du général Butler (36e division d’infanterie US) venant de Riez. Le lendemain, la colonne américaine se dirige sur Gap et Aspres-sur-Buëch, libérées le 20. La commune a été décorée, le 11 novembre 1948, de la croix de guerre 1939-1945.

Patrimoine

Considéré comme exceptionnel, le site de la citadelle est classé dès 1925, sur une superficie de 7 hectares. Le classement concerne à la fois la citadelle, le rocher qui la porte, les bois et terrasses, et la perspective sur la ville et la citadelle. La citadelle de Sisteron est l’œuvre d’un précurseur de Vauban, Jean Érrard, ingénieur d’Henri IV. De sa position élevée on découvre un superbe panorama sur la ville et la vallée de la Durance. La tour de l’Horloge servit de prison. La vue plonge sur la ville basse et se porte, au nord, jusqu’aux montagnes de Laup et d’Aujour qui ferment le bassin de Laragne.

Sauvées de la destruction par Prosper Mérimée, cinq tours subsistent de l’enceinte construite en 1372-1373, arrondies vers l’extérieur et ouvertes face intérieur de la ville, avec des portions de muraille, éléments classés monuments historiques. Ces cinq tours portent chacune un nom : la tour du Fort au pied de la Citadelle ; la tour des Gens d’Arme à proximité de la Poste, la seule ayant été habitée et possédant un toit ; la tour de La Médisance à proximité de la Cathédrale, qui a conservé l’escalier intérieur qui donnait accès aux galeries de bois (hourds) prenant appui sur les corbeaux qui les couronnent et les brodent aujourd’hui ; la tour Notre-Dame ; et la tour de la porte Sauve, car cette tour juxtaposait la porte par laquelle s’enfuirent 1 millier de protestants en 1591.

Les ruines de l’ancienne chapelle (XIIIe siècle), dans la partie la plus ancienne de la citadelle, détruite par le bombardement allié du 15 août 1944 (jour du débarquement de Provence), sont encore visibles. Place Général de Gaulle, l’église Notre-Dame-des-Pommiers, ancienne cathédrale, qui se rattache à l’art roman provençal, est remarquable pour son beau vaisseau très sombre, dépourvu de transept. Comme c’est fréquent dans les édifices provençaux, une coupole sur trompes s’élève à l’entrée du chœur. C’est un édifice classé monument historique. Outre son ancienne cathédrale, Sisteron conserve plusieurs chapelles sur sa commune, ainsi que les vestiges d’anciens couvents désaffectés sous la Révolution.

De l’ancien couvent des dominicains, il reste l’église et les vestiges du cloître servant de cadre au festival des Nuits de la Citadelle. Fondé par la comtesse de Provence Béatrix de Savoie, sa première pierre est posée en décembre 1248 et la première messe dite en 1252. L’église est en très mauvais état après le siège de Sisteron par Sommerive, mais le service reprend en 1581, avant que l’église soit complètement réparée en 1684. Un bas-côté de deux travées est ajouté à la fin XVIIe siècle. D’importantes réparations ont eu lieu dans les années 1960. L’église, monument classé, est l’une des plus grandes églises gothiques du département, construite au XIIIe siècle : elle mesurait 15,5 m de large pour 45 ou 47 m de long. La nef, longue de 36 m et placée entre deux bas-côtés, débouchait dans le chœur long de 11 m. Actuellement, seuls subsistent le chœur, la dernière travée de la nef, deux travées du bas-côté nord, la façade occidentale et une partie des murs, ainsi que le clocher, de style roman.

La vieille ville compte plusieurs vieilles maisons : rue Mercerie, une maison aux baies géminées et dotée d’arches brisées, et dont les chapiteaux sont sculptés de motifs végétaux (XIVe siècle) ; quelques-uns de ces éléments sont inscrits ; hôtel de la Baume, reconstruit en 1946, conserve du début du XIVe une baie géminée et un chapiteau ; quelques maisons des XVe et XVIe siècles rue de la Pousterle ; rue Droite, une maison du début du XVIIe siècle à la belle porte sculptée. L’hôpital remonte à la création de l’hospice de charité en 1705 par Guillaume de Saint-Donat. Agrandi plusieurs fois, ses façades ont été refaites et ne présentent plus d’éléments d’origine. Ses façades et ses toitures sont néanmoins inscrites.

Deux bâtiments témoignent de la prospérité de la Belle Époque. La caisse d’Épargne présente un avant-corps orné d’un fronton brisé à ailerons brisés, entre lesquels est placé le blason de la ville. Il est surmonté d’une couronne et de cornes d’abondance. L’immeuble Civatte, place du Général de Gaulle, comporte de nombreux détails ornementaux soignés : moulures, sculptures, ferronnerie.

Le pont de la Baume est long de 40 m, et large de 6. Il repose sur une arche de 28 m de portée. Sa dernière reconstruction date de 1945, après que le précédent a été détruit par les bombardements alliés. Ce pont précédent datait de 1365 (réparé en 1501). Le 7 avril 1879, après une période de fortes pluies, un mur d’une culée s’effondre. Les travaux durent jusqu’en 1886, et restituent un pont plus large et plus léger (avec des parties évidées). Il est également doté de fourneaux de mine, pour le saboter en cas d’invasion. Il remplaçait un pont plus ancien dont des traces subsistent.

Le pont sur le Buëch, proche du confluent avec la Durance, date de 1727. Il est élargi en 1865 par des arcs en cornes de vaches sur les avant et arrière-becs, puis en 1975 par une dalle posée en encorbellement. Il repose sur trois arches en plein cintre, de 22,8, 12 et 12 m, pour une longueur totale de 56 m, une largeur de 4,3 m à l’origine, 7,4 m en 1865 et 9 m actuellement. Ce pont remplace un ancien pont construit en 1202, et réparé en 1399.

Le château de la Cazette, à proximité de ce pont, au plan en U, date de la fin du XVIIe siècle, et succède à un ancien rendez-vous de chasse. Tout autour de la ville, on trouve d’autres résidences seigneuriales : le château de Sainte-Euphémie (XVIIe siècle) ; le château de Beaulieu ; le château de Servoules ; le château de Haute-Rive ; le château de Sainte-Ursule ; et d’autres châteaux à Valernes, Noyers-sur-Jabron et Valbelle.

Numéros utiles

Mairie
04 92 61 00 37

Médiathèque André Roman
04 92 61 46 69

Citadelle
04 92 61 27 57

Musée Gallo-Romain
04 92 61 58 40

Musée Terre et Temp
04 92 61 54 50

Écomusée du Pays Sisteronais Buëch
06 15 21 32 13

Cinéma Rex
04 92 61 36 20

École de Musique Intercommunale
Antenne de Sisteron
04 92 61 40 50

Base de loisirs des Marres
04 92 61 27 35

Communauté de Communes du Sisteronais Buëch
04 92 31 27 52

Préfecture des Alpes-de-Haute-Provence (Digne-les-Bains)
04 92 36 72 00

Conseil Général des-Alpes-de Haute-Provence (Digne-les-Bains)
04 92 30 04 00

Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Marseille)
04 91 57 50 57

Office de Tourisme Sisteron Les Alpes Provençales
04 92 61 36 50